Lutherie : North Bennet Street School, Boston, 1986
Ville : Varennes
Bien quil ait étudié le piano durant sa jeunesse, Michel Gagnon a toujours su quil nexercerait jamais le métier de musicien. Il était beaucoup trop intrigué par les sciences pour les délaisser. Après un DEC en sciences pures et une année universitaire en biophysique, sa passion pour le monde des vibrations lattire vers la lutherie : « Jai étudié la façon dont les vibrations se mêlent, les vibrations dans la lumière... Jai décidé de faire un métier qui traite du son en terme de vibration ». Il part donc étudier ce métier à lâge de 22 ans au North Bennet Street Schoolde Boston, une école spécialisée en lutherie doù il gradue en 1986.
Son intérêt pour les sciences, Michel Gagnon le satisfait amplement avec cette profession : « Cest un métier dacousticien, on travaille la physique acoustique. Je vais chercher mon petit côté ingénieur pour comprendre ce qui se passe mécaniquement dune façon acoustique et je fabrique tous mes vernis avec la chimie .» Laspect artistique demeure bien évidemment très présent dans le domaine de la lutherie.
Michel Gagnon précise quil y a trois types de luthier : le luthier qui fabrique linstrument, le luthier restaurateur-réparateur et le luthier commerçant. « Le luthier restaurateur-réparateur restaure linstrument endommagé. Il faut que les réparations deviennent invisibles. Ça, cest le plus haut niveau de lutherie. Cest une expérience privilégiée que de travailler sur des instruments anciens pour leur redonner pleine valeur. Il ny a pas de compromis, pas de liberté, on recherche la perfection », indique Gagnon.
Michel Gagnon, qui fabrique, restaure et fait le commerce des violons, violoncelles et altos, apprécie aussi la diversité des techniques que lon retrouve dans le métier : « Chaque luthier obtient des résultats différents, car nous ne travaillons pas tous avec la même science. On peut parler dune signature acoustique. Chaque instrument est aussi signé dans sa fabrication, dans sa sculpture .»
Michel Gagnon a été boursier du Conseil des arts et des lettres du Québec pour aller travailler les ajustements sonores à New York avec le luthier René Morel : « Il a eu une quarantaine dapprentis, mais il nen a eu quun sur les ajustements sonores. Cela fera de moi une personne assez privilégiée dans le futur », souligne Gagnon.
Alexandre Da Costa, Chantal Juillet et Yegor Dyachkov font présentement partie des musiciens qui ont choisi Michel Gagnon pour luthier. Ce dernier continue la pratique du violon et du violoncelle quil a commencée il y a vingt ans : « Cela me permet de comprendre la sonorité des instruments, ce dont les musiciens me parlent », explique-t-il.
Comprendre la sonorité des instruments, cest ce qui a poussé Michel Gagnon à organiser des dégustations acoustiques dans le passé : « Cest tout à fait comme une dégustation de vins ou de fromages. On a une variété dinstruments et on les fait jouer par le même musicien pour faire ressortir les différences de son. » Michel Gagnon prévoit organiser une dégustation sur la sonorité des quatuors en 2010. n Texte de Patricia Jean
de Bujold, Bernard, 1956-, Bernard Bujold - 2003 - Biography & Autobiography - 219 pages Edgar Fruitier présente ici le violoniste Alexandre Da Costa qui tient un stradivarius prêté par le luthier Michel Gagnon, que l'on voit à gauche en ... books.google.ca/books?isbn=2895880395...